Décembre 2017 : Un nouveau gène responsable d'insuffisance ovarienne prématurée

L’équipe de Reiner Veitia à l’Institut Jacques Monod (UMR Université Paris Diderot-CNRS) en collaboration avec celle de M. Misrahi de l’Université Paris-Sud découvre une mutation dans un gène, qui conduit à une ménopause précoce. Cette pathologie affecte 1% des femmes de moins de 40 ans et aboutit le plus souvent à une infertilité. Malgré des progrès récents dans son diagnostic moléculaire, les causes de cette pathologie sont inconnues dans la plupart des cas.

La ménopause précoce s’accompagne d'autres symptômes dus à la diminution des niveaux d’estrogènes, comme l'ostéoporose, avec un risque accru de fractures, de maladies cardiovasculaires comme l'athérosclérose, ou encore d’une augmentation de maladies comme Alzheimer et autres démences séniles.

Ce travail a été publié le 12 décembre 2017 dans la revue Elife. Grâce au séquençage de la partie codante du génome de plusieurs membres d’une famille finlandaise touchée par la pathologie, les chercheurs ont identifié une mutation dans la séquence du gène FANCM qui entraîne la disparition d’un segment de la protéine essentiel à son activité. La caractérisation fonctionnelle de la protéine mutante s’est faite avec la collaboration d’autres collègues de l’Université, de celle de Turku ainsi que de l’Institut Gustave Roussy.

Le produit du gène FANCM appartient à un complexe de protéines impliquées dans la réparation de l’ADN. FANCM est fortement exprimée dans les cellules germinales où elle participe activement à la production et au bon état de fonctionnement des gamètes. Les résultats observés chez l’humain sont cohérents avec ceux obtenus par l’invalidation du gène Fancm chez les souris, qui conduit à une stérilité due à une instabilité génétique et à des défauts de formation des gamètes.

Cette étude décrit la première mutation du gène FANCM responsable d’une ménopause précoce à hérédité mendélienne et améliore nos connaissances sur les causes génétiques de cette condition. Ainsi, FANCM devient un nouveau biomarqueur d'utilité clinique de la ménopause précoce.

En savoir plus :
B Fouquet, P Pawlikowska, S Caburet, C Guigon, M Mäkinen, L Tanner, M Hietala, K Urbanska, L Bellutti, B Legois, B Bessieres, A Gougeon, A Benachi, G Livera, F Rosselli, RA Veitia*, M Misrahi*. A homozygous FANCM mutation underlies a familial case of non-syndromic primary ovarian insufficiencyeLife 2017;6:e30490 * co-auteurs seniors.

Contact : Reiner Veitia, équipe Oncologie moléculaire et pathologies ovariennes, tel: +33 (0)1 57 27 81 16.

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