Avril 2017 : L’ADN ancien au secours d’espèces en voie de disparition : retracer leur évolution pour mieux les conserver

La paléogénétique peut reconstituer la diversité génétique passée des espèces en voie de disparition. Dans un article publié récemment par PLOS ONE, l’équipe Epigénome et Paléogénome de l’IJM, en collaboration avec de nombreux archéozoologues de multiples pays, a reconstruit la distribution passée des ânes sauvages asiatiques depuis la fin du Pléistocène, de la France à la Mongolie, liant ainsi les populations disparues et les populations modernes fragmentées et menacées. En permettant la reconstruction de la répartition géographique et temporelle des espèces et en affinant la taxonomie, la paléogénétique écologique peut ainsi procurer des clés essentielles pour choisir les mesures à prendre pour protéger les espèces en voie d’extinction et ainsi guider les stratégies de conservation.

Les activités humaines, comme l’urbanisation et la construction de routes et des rails, mais aussi le changement climatique, menacent d’extinction de nombreuses espèces animales. Pour préserver au mieux les populations résiduelles, il est utile de connaître les liens qui les unissaient dans le passé quand l’espèce était plus florissante. Ceci est possible avec l’étude de l’ADN préservé dans les fossiles qui témoignent de l’état de l’espèce dans le passé. En effet, lorsque les populations sont fragmentées, les flux génétiques sont réduits entre elles, et les variations phénotypiques locales peuvent être interprétées en termes de caractères spécifiques amenant à associer chaque population à une espèce différente. Ainsi, il peut être tentant de prévenir tout nouveau flux génétique entre ces populations pour préserver leur identité, mais on court alors le risque d’accélérer la réduction de leur diversité génétique. L’analyse génétique des populations passées peut mettre en évidence les relations phylogénétiques et échanges génétiques qui existaient entre ces populations, et ainsi affiner les diagnostics pour définir les stratégies de conservation les plus adéquates… Lire l’article sur le site de l’Institut écologie et environnement (INEE) : http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/b264.html

Pour en savoir plus :
Taming the late Quaternary phylogeography of the Eurasiatic wild ass through ancient and modern DNA.
Bennett EA, Champlot S, Peters J, Arbuckle BS, Guimaraes S, Pruvost M, Bar-David S, Davis SJM, Gautier M, Kaczensky P, Kuehn R, Mashkour M, Morales-Muñiz A, Pucher E, Tournepiche JF, Uerpmann HP, Bălăşescu A, Germonpré M, Gündem CY, Hemami MR, Moullé PE, Ötzan A, Uerpmann M, Walzer C, Grange T, Geigl EM. PLoS One. 2017 Apr 19;12(4):e0174216.

Contact : Eva-Maria Geigl et Thierry Grange, équipe Épigénome et paléogénome tél. : + 33 (0)1 57 27 81 32/81 29.

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