Toutes les actualités de l'IJM depuis 2010

  • Des pincettes en ADN pour étudier l’interaction entre une médicament et sa cible à l’échelle molécule-unique

    L’efficacité d’un médicament est fortement liée au temps que la molécule médicamenteuse passe accolée à sa cible, typiquement une protéine. Bien souvent si l’interaction est de longue durée la drogue aura un effet plus fort que si l’interaction est de courte durée. Une équipe pluridisciplinaire vient de décrire dans la revue Nature Nanotechnology une nouvelle approche à très haute résolution permettant d’observer, en temps réel, l’interaction d’une seule molécule médicamenteuse avec une seule molécule de cible. Cette observation du « quantum » d’interaction moléculaire ouvre de nouvelles perspectives dans le développement des médicaments mais aussi des anticorps thérapeutiques et de la science des matériaux.

  • Des nouvelles de la troisième humanité: les Dénisoviens

    La base d’une phalange distale provenant de la grotte de Dénisova et contenant de l’ADN exceptionnellement préservé a permis d’obtenir, en 2010, la séquence de son génome et a ainsi mis en évidence une population humaine inconnue jusque-là, les Dénisoviens, une population proche des Néandertaliens. Ils vivaient au Pléistocène moyen et supérieur (au moins entre -195 000 et -50 000 ans) en Sibérie du Sud et au Tibet, et occupait probablement un territoire plus étendu en Asie à cette époque car ils ont laissé des traces de leur génome dans les populations mélanésiennes, et dans une moindre mesure dans des populations asiatiques. Toutefois, sa morphologie était peu connue jusque-là à cause du peu d’ossements identifiés. Dans le cadre d’une collaboration internationale et interdisciplinaire coordonnée par Eva-Maria Geigl, l’équipe Epigénome & Paléogénome de l’Institut Jacques Monod a mesuré et photographié un autre fragment d’une phalange provenant de la grotte de Denisova en Sibérie, analysé son génome et montré que ce fragment correspondait à la partie manquante de la célèbre phalange qui avait permis de déchiffrer le génome dénisovien. Des paléoanthropologues du PACEA, Université de Bordeaux, et du Département d’Anthropologie de l’Université de Toronto, Canada, ont reconstruit l’image de la phalange complète (Figure), analysé morphométriquement la phalange et l’ont comparé aux phalanges des Néanderthaliens et des humains anatomiquement modernes. Cette analyse a montré que la phalange est très proche de celles des humains modernes. Cette proximité contraste avec les molaires et la mandibule récemment identifiée au Tibet qui possédaient des caractères archaïques. Cette mosaïque de caractéristiques morphologiques interroge les scientifiques à la recherche de nouveaux ossements qui permettront de mieux caractériser cette « troisième » humanité.

  • Une stratégie de résistance à un inhibiteur métabolique découverte grâce à la levure

    Les cellules cancéreuses prolifèrent de manière incontrôlée. Ceci s’accompagne d’une capacité accrue à importer les nutriments et à les métaboliser. Le dérivé toxique d’un sucre, le 2-désoxyglucose (2DG), est préférentiellement importé par les cellules cancéreuses et inhibe leur croissance. En utilisant la levure de boulanger comme organisme modèle, les chercheurs ont précisé les effets cellulaires de cette drogue et les mécanismes de résistance associés. Ces résultats sont publiés dans la revue Science Signaling.

  • Une enzyme pas comme les autres fait taire les séquences répétées du génome

    Chez les plantes et les animaux, les protéines histones associées à l’ADN portent différentes modifications chimiques qui répriment soit l’expression des gènes, soit les éléments génétiques mobiles. L’équipe de Sandra Duharcourt vient de caractériser les propriétés inédites d’une enzyme de l’eucaryote unicellulaire Paramecium qui catalyse deux modifications silencieuses différentes et contrôle le silence des éléments transposables. Ces travaux, publiés dans la revue Nature Communications, révèlent que ces deux modifications partagent un rôle ancestral commun qui réduit au silence les éléments transposables.

  • Le prix Nicloux 2019 a été attribué à Odil Porrua

    La Société Française de Biochimie et Biologie moléculaire a remis le Prix Maurice Nicloux 2019 à Odil Porrua, chargée de recherche CNRS, membre de l'Institut Jacques Monod. Odil Porrua s’intéresse depuis le début de sa carrière à différents aspects de l’expression des gènes. De 2005 à 2009, Odil a effectué sa thèse dans le laboratoire de E. Santero (Espagne) où elle a étudié la régulation de certains gènes impliqués dans la dégradation de molécules contaminantes chez la bactérie.En 2009, Odil a rejoint le laboratoire de Domenico Libri, d’abord au Centre de Génétique Moléculaire (Gif sur Yvette) puis à l’Institut Jacques Monod (Paris) à partir de 2013. D’abord comme post-doc puis comme chercheur CNRS, Odil a conduit plusieurs projets autour du métabolisme des ARN non-codants chez la levure. Notamment par des approches biochimiques et structurales, elle a pu dévoiler les mécanismes de terminaison de la transcription non-codante qui étaient alors très peu connus. Deux ans après avoir obtenu son poste de chercheur CNRS, en 2014, et grâce à un financement ANR JCJC, Odil a abordé l’étude du rôle de la terminaison de la transcription dans la régulation de l’expression de gènes.

  • Juin 2019 : Les fluctuations de la condensation de la chromatine plutôt que sa condensation moyenne prédisent l'accessibilité de la chromatine

    L'accessibilité de la chromatine aux facteurs protéiques est essentiel pour les activités du génome. Cependant, les propriétés dynamiques des super-structures de la chromatine qui régulent son accessibilité sont mal comprises. Les chercheurs de l’équipe « Mécanotransduction : de la surface de la cellule à son noyau » ont tiré parti de la sensibilité au microenvironnement de la durée de vie de fluorescence de l’histone EGFP-H4 incorporée dans la chromatine pour cartographier dans le noyau des cellules vivantes la dynamique de la condensation de la chromatine et son interaction directe avec un domaine de reconnaissance de l’acétylation des queues des histones (le module du double bromodomaine du facteur de transcription TAFII250, dBD). Ils ont révélé des fluctuations de condensation de la chromatine, causées par des mécanismes fondamentalement distincts de ceux de la condensation elle-même. Ces fluctuations sont spontanées, mais leurs amplitudes sont influencées par leur localisation dans le noyau et par des mécanismes concurrents dépendant de l'acétylation des histones, de l'ATP et des deux. De plus, l'accessibilité de l'histone H4 acétylée au dBD n'est pas limitée par la condensation de la chromatine ni prédite par l'acétylation, mais par les fluctuations de la condensation de la chromatine.

  • Mars 2019 : Le contrôle temporel de la réplication de l’ADN est-il constant tout au long de la phase S ?

    Avant chaque division cellulaire, le génome complet de la cellule doit être entièrement et fidèlement dupliqué pour que l’intégralité de l’information génétique soit transmise à chacune des cellules filles. Cette duplication s’effectue selon un programme de réplication complexe pendant la relativement brève phase de synthèse (phase S). La réplication démarre en de multiples sites du génome appelés origines de réplication. Ces sites sont au nombre de dizaines de milliers dans les génomes de vertébrés. Leur déclenchement est organisé dans le temps. Ainsi certaines régions sont répliquées en début, milieu ou fin de phase S. Le contrôle du moment de réplication de ces régions est très conservé dans l’ensemble des cellules d’une population. A ce jour, les mécanismes et les facteurs moléculaires responsables de l’établissement de ce contrôle restent très peu connus. Les chercheurs de l’équipe de Marie-Noëlle Prioleau se sont intéressés à évaluer le degré de variabilité de ce programme temporel pour identifier les mécanismes potentiels impliqués dans cette régulation.

  • Janvier 2019 : quand Transcription rencontre Réplication

    Comment les cellules font-elles face à leurs propres contradictions? Pour assurer l'expression, le maintien et la propagation de son génome, la cellule doit mettre en place des activités enzymatiques potentiellement conflictuelles, la transcription et la réplication. Dans un article récemment publié dans la revue eLife, les chercheurs de l’équipe Libri montrent, chez la levure S. cerevisiae, que les facteurs de réplication se liant à l'ADN pour définir les endroits d'où la réplication est initiée, "protègent" également ces sites de la transcription avoisinante, qu'ils terminent. Et que les niveaux faibles de transcription qui néanmoins envahissent ces sites, influencent l'activité de réplication.

  • Janvier 2019 : Adaptation de la forme cellulaire à la géométrie de son environnement pour migrer.

    La migration cellulaire est un mécanisme primordial qui assure des fonctions essentielles telles que la mise en place des tissus et des organes au cours du développement ou encore la cicatrisation des tissus endommagés.

  • Janvier 2019 : Les Facteurs Généraux de la Régulation : Gardiens de la fidélité de la transcription

    Qu’est-ce qu’un facteur de transcription ? Le facteur de transcription est une protéine capable de se lier aux promoteurs des gènes afin d’assurer leur régulation en favorisant ou limitant l’initiation de la transcription. Et si ces facteurs étaient capables d’activer l’expression des gènes en empêchant l’initiation de la transcription ?

  • Janvier 2019 : Comment le contexte geométrique et mécanique affecte le désassemblage des filaments d’actine

    Dans un article récemment paru dans P.N.A.S., les chercheurs de l’équipe « régulation de la dynamique d’assemblage de l’actine » à l’Institut Jacques Monod montrent comment le désassemblage biochimique des filaments d’actine peut être régulé par leur contexte physique.

  • Janvier 2019 : Liens entre la localisation des protéines de polarité, le trafic membranaire et le cytosquelette

    La polarité cellulaire est une caractéristique essentielle du développement et du fonctionnement d'un organisme. Elle permet la subdivision de la cellule en différents domaines fonctionnels, tant au niveau de la membrane plasmique que du cytoplasme, assurant une asymétrie dans les fonctions de la cellule. L'établissement et le maintien de la polarité cellulaire sont sous le contrôle de deux principaux modules protéiques bien conservées parmi les métazoaires, incluant respectivement PAR1 et PAR3.

Retour en haut de page