La paléogénétique met en évidence l’introduction des chevaux domestiqués en Asie du Sud-Ouest il y a 4000 ans

La domestication des animaux sauvages a été une étape essentielle du développement des sociétés. Alors que de nombreux animaux domestiques ont été domestiqués il y a environ 9 à 10 milliers d’années en Asie du Sud-Ouest, essentiellement pour des raisons économiques afin d’augmenter la régularité de l’accès aux ressources de subsistance, les chevaux ont été domestiqués beaucoup plus tardivement, il y a environ 5000 ans.

Il n’est toujours pas clair où ce processus a eu lieu et l’Anatolie est une des régions candidates. L’équipe Epigénome et Paléogénome de l’Institut Jacques Monod, en collaboration avec des archéozoologues des États-Unis, d’Europe et d’Arménie a exploré cette question en utilisant une approche paléogénétique. C’est un défi dans cette région du monde du fait des conditions climatiques qui sont défavorables à la conservation de l’ADN. Une méthode d’analyse originale développée par l’équipe a permis toutefois de caractériser un certain nombre de marqueurs génétiques à partir de nombreux ossements archéologiques. Les marqueurs des origines paternelles et maternelles ainsi que de la couleur de la robe ont pu être typés, la diversification des couleurs de la robe étant associée à la domestication des chevaux. Ces résultats publiés dans la revue Science Advances ont permis de montrer que les chevaux sauvages anatoliens n’ont pas été domestiqués localement mais qu’ils ont été introduits en Transcaucasie et en Anatolie pendant l’Âge du Bronze, il y a environ 4000 ans, probablement par une voie caucasienne.

Référence :

Guimaraes et al., Sci. Adv. 2020; 6 : eabb0030 16 September 2020

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