Évolution du développement des nématodes

Novembre 2011 : l'équipe de Marie-Anne Félix a rejoint l'Institut de biologie de l'école normale supérieure. Sa nouvelle page web est http://www.ibens.ens.fr/spip.php?article255

Nous étudions le développement et l'évolution d'un système modèle majeur en biologie du développement, la vulve du ver nématode Caenorhabditis elegans. Nous nous intéressons particulièrement à  ses propriétés de robustesse de développement vis-à -vis du bruit stochastique, de variations environnementales ou de mutations, et son évolution chez C. elegans et les espèces de nématodes proches.
zoo fr 65255Au cours de la formation de la vulve, un motif centré de trois destinées cellulaires est spécifié au sein d'une rangée de six cellules, grâce à  un réseau de signalisation intercellulaire robuste qui produit un motif invariant de destinées. Le motif correct de destinées est requis pour la formation d'une vulve normale, et de ce fait pour la ponte et la copulation.

Nous étudions la précision et l'évolution des mécanismes de développement qui sous-tendent la formation de la vulve chez différentes espèces de nématodes et isolats naturels de C. elegans, et leur évolvabilité (capacité d'évolution) à  la suite de mutations au hasard. Des résultats particulièrement frappants sont :

  1. alors que le motif spatial final de destinées des cellules précurseurs de la vulve est robuste et invariant, les mécanismes de développement qui conduisent à  ce motif varient entre les espèces, et même au sein d'une espèce suivant le fond génétique et les conditions environnementales;

  2. l'évolvabilité relative de différents caractères vulvaires évolue elle-même, ce qui pourrait expliquer les types de variations observées à  l'intérieur d'espèces et entre espèces proches.

networkfrench 181719La structure génétique d'une population (son taux de reproduction croisée, les goulots d'étranglement populationnels, etc.) influence la variation phénotypique disponible et est donc d'intérêt quand on veut comprendre l'évolution phénotypique. De plus, C. elegans présente un mode de reproduction inhabituel avec des hermaphrodites qui s'auto-fécondent et des mâles facultatifs qui permettent la reproduction croisée. C'est pourquoi nous étudions des populations naturelles de cette espèce, pour comprendre leur mode de vie hors du laboratoire, en particulier leur taux de reproduction croisée et la structure de leurs populations.

Sélection de publications


Braendle, C. and Félix, M.-A. (2008). Plasticity and errors of a robust developmental system in different environments. Dev. Cell 15, 714-724. Full text

Milloz, J., Duveau, F., Nuez, I. and Félix, M.-A. (2008). Intraspecific evolution of the intercellular signaling network underlying a robust developmental system. Genes Dev. 22, 3064-3075. Full text

Barrière, A. and Félix, M.-A. (2007). Temporal dynamics and linkage disequilibrium in natural C. elegans populations. Genetics 176, 999-1011. Full text

Félix, M.-A. (2007). Cryptic quantitative evolution of the vulva intercellular network in Caenorhabditis. Curr. Biol. 17,  103-114. Full text

Barrière, A. and Félix, M.-A. (2005). High local genetic diversity and low outcrossing rate in Caenorhabditis elegans natural populations. Curr. Biol. 15, 1176-1184. Full text

Dernière modification 9/12/2011

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